• Arnaud Bloesch

Jérôme Laperrière "Donner envie aux jeunes"


Fraîchement nommé en début d’année 2017 au poste de Président de la CA, Jérôme Laperrière nous a accordé une rencontre après bientôt une année de fonction en évoquant son passé et ses ambitions.

Comment as-tu débuté dans l’arbitrage ? Mes débuts n’étaient pas très étincelants. J’ai réalisé quelques tours en tant qu’arbitre-mini. Je ne dégageais pas un immense plaisir car les critiques parfois violentes et régulières des parents aux abords des terrains m’ont forcé à mettre un terme à la fonction. Quelques années plus tard, dans le canton de Genève, je m’essayais aux lancers du marteau lorsque les arbitres genevois passaient leur test physique au Stade du Bout du Monde à Champel. C’est alors qu’en discutant avec le préposé à l’arbitrage de l’époque, Monsieur Ludovic Volluz, j’ai décidé de recommencer l’arbitrage.

De cette reprise jusqu'au badge FIFA, il y a un chemin ? Je suis rapidement monté jusqu’en troisième ligue à Genève, puis j’ai déménagé sur Vaud où après une première inspection jugée correcte, je suis tombé un peu aux oubliettes… Très envieux, j’appelle un jour Michel Despland pour qu’un inspecteur vienne me coacher. Mon ascension n’a jamais cessé après ce moment-là. Depuis le 31.12.2011, j’ai rangé le sifflet, je me suis consacré pendant 5 ans aux espoirs régionaux et aux inspections de l’élite Suisse, avant de reprendre la Présidence de la Commission des arbitres depuis le 1er janvier 2017.


Quel est ton meilleur souvenir ? La finale de la coupe en Egypte en 2011, devant une affluence de 100’000 spectateurs passionnés. Seuls les supporters de l’équipe à domicile étaient présents. J’avais dû siffler un pénalty (fort heureusement à juste titre) contre cette équipe, décision cruciale qui avait fait basculer le match. Nous avons quand même patienté 3 heures et demie avant de quitter le stade…

Quel objectif vises-tu pour ces prochaines années à la CA ? Il manque actuellement une relève au niveau de l’arbitrage. De plus en plus d’équipes jouent au football, mais le nombre d’arbitre décroit et n’est bientôt plus suffisant. A travers diverses approches (affiches et flyers dans les stades, organisation de soirée de promotion dans les clubs pour nous faire connaitre, présence sur Facebook et différents réseaux sociaux), nous espérons donner envie aux jeunes d’aujourd’hui de reprendre le flambeau. Une approche plus délicate et stricte aura également lieu sur et autour des pelouses dans le but de pacifier les rencontres et éviter les débordements que nous connaissons malheureusement trop souvent. Demain, le football devra être un sport sain et convivial.

Pas facile de concilier la vie destinée à l’arbitrage et celle privée ? Grâce à l’aide de Michel Despland et de toute la commission des arbitres, les tâches se sont agréablement réparties. Je ne me charge pas de toute la partie pesante de l’administratif (toujours plus importante). Un grand merci à Michel qui a gardé cette tâche, ce qui me permet de me consacrer à la partie exécutive du rôle de Président de la Commission des Arbitres, et d’être disponible pour répondre aux sollicitations des Présidents de clubs ainsi qu’à celles des arbitres.

Ta passion, en dehors du foot ? Je dois avouer que le temps me manque, entre la Commission des arbitres et mes engagements comme coach en ligues supérieurs. La pêche et le plaisir de se retrouver au calme des pâturages de la Gruyère vers Charmey (où nous possédons un chalet familial), m’aident à me ressourcer.


Une volonté particulière ? Mon souhait principal, que la fonction d’arbitre soit mieux reconnue, mieux respectée par tous les acteurs, par les spectateurs, mais aussi par les parents des juniors. Il m’est insupportable de voir un arbitre mini sortir d’un match en pleurs, conspué par des parents ! Mais je n’oublie pas que nous pouvons (devons), nous aussi nous améliorer dans le respect des clubs et des joueurs, des collègues arbitres en fonction, en arrivant à l’heure au match, en se comportant d’une manière exemplaire et digne de la fonction dans et hors des terrains.

Un remord ? Pour avoir moi-même baissé les bras et démissionné en tant qu’arbitre juniors D à l’époque, j’insiste auprès de nos jeunes arbitres mini (notre fierté, notre relève) pour ils nous contactent (Monsieur Dubrit Daniel le responsable, ou n’importe quel autre membre de la Commission des arbitres) et qu’ils nous évoquent leurs problèmes afin que nous puissions les accompagner lors des matchs suivants. Entourons, préservons et encourageons les arbitres de demain.


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