• Arnaud Bloesch

Mais quand y’a-t-il réellement faute de main ?

Abordons au travers des prochaines lignes la problématique de la faute de main. Qui d’entre nous n’a jamais réclamé dans de telles circonstances ? Mais sur quels critères nous sommes-nous basés pour juger de cela ? Toucher le ballon de la main n’est pas interdit par le règlement. Néanmoins, sur nos terrains, il est évident que d’effleurer le ballon du bras suscite instantanément des réactions.

Le règlement officiel de la FIFA reste très succinct en ne mentionnant que la volonté (main au ballon) et la courte distance de réaction. Néanmoins, différents critères d’application sont communiqués à tous les niveaux d’arbitrage par les organes officiels.

En parcourant les six prochains critères, vous serez par la suite capable de distinguer plus facilement une faute de main régulière d’une irrégulière.



1) Position naturelle du bras ?

La position naturelle est un critère subjectif où le bon sens est appliqué. En théorie, dans leur position naturelle, les bras sont ballants. Néanmoins, il est toléré qu’un défenseur joue avec les bras légèrement décollés dans le but de garder l’équilibre. Ce critère est intimement lié à celui de la distance au ballon.

2) Le ballon va-t-il à la main ?

Dans le cas où le ballon vient à la main, les autres critères présentés prendront le relais afin de juger d’une éventuelle incorrection. Cependant, si le bras va clairement dans la direction du ballon (intention), une faute sera automatiquement sanctionnée. Cela regroupe toutes les fautes volontaires et antisportives.


3) Distance au ballon courte ?

Lorsqu’une déviation a lieu à très courte distance, les arbitres restent cléments quant à la sanction pour autant qu’aucun acte volontaire n’ait lieu. Il y a ici l’effet de surprise qui est pris en compte et qui atténue nettement la décision de l’arbitre.


4) Le joueur a-t-il tout fait pour éviter le ballon ?

Un nouveau critère subjectif lié à la volonté du joueur. En gardant le bras légèrement décollé du corps mais tout en respectant les critères d’une position naturelle, le joueur refuse de retirer son bras qui va entrer en contact avec le ballon. Il y a ici faute car la volonté est de bénéficier de cette position avantageuse. L’arbitre est également aidé par la gestuelle du bras après contact avec le ballon. Si son membre ne bouge pas, il y a de grandes chances que le geste soit de caractère volontaire. Cependant, si le bras recule par le contact avec la balle (bras mou), le geste a de plus grandes chances d’être toléré.


5) Le joueur augmente-t-il sa surface corporelle ?

Lors d’un coup franc disposant d’un mur, le principal critère est la surface corporelle. Dès lors que cette dernière est artificiellement augmentée par les bras tel un handballeur, un coup franc (resp. penalty) est à sanctionner. Sur la photo, les joueurs n°10-9-7 n’augmentent pas leur surface corporelle. En cas de contact entre le ballon et leur bras, aucune faute ne serait à sanctionner. En revanche, le numéro 6 profite de son coude et sa main qui seront sanctionné d’un penalty par l’arbitre en cas de contact avec le ballon.



6) Le joueur a-t-il pris un risque inconsidéré ?

Cet ultime critère s’applique dans des cas bien spécifiques. Lors d’une frappe au but, si le joueur lance son corps dans le seul et unique but de contrer le frappe (distinction avec tacler le ballon !), ce dernier prend un risque inconsidéré. Si sa surface corporelle est augmentée, les critères précédents ne font plus fois. Il y a dans le cas présent faute de main.

A l’inverse, si le défenseur tacle et se retrouve au sol. Le bras qui soutient le poids du joueur n’est pas sujet à une incorrection. En cas de geste volontaire en direction du ballon, c’est tout naturellement qu’une faute sera sifflée.



Conclusion

En bref, le fait de toucher le ballon de la main ou du bras n’est pas forcément sanctionné d’une faute. Néanmoins, tout acte volontaire ou amoral est automatiquement puni par les lois du jeu.

Il existe néanmoins des situations « grises » ou le pour et le contre ne parviennent à se départager : l’art d’un sport où la décision est une appréciation parfois subjective.

Alors, vous pensez désormais être capable de juger objectivement et avec des critères sérieux ?

16 vues

© 2019 - Sifflet d'Or ACVF - Chemin de Maillefer 35, 1052 Mont-sur-Lausanne - Tous droits réservés.